Apres les recommandations du Conseil d’administration de la RTBF, le CSA a remis son avis, ultime étape avant le choix du nouvel administrateur général de la RTBF. Mais le gouvernement suivra-t-il?
Le CSA et le Conseil d’administration sont sur la même longueur d’onde, ou presque. Lors du vote survenu en CA, le candidat « interne » avait obtenu l’unanimité des suffrages, suivi de près par la candidaté externe issue du monde hospitalier, qui avait recueilli douze « oui » et une absention. Le CSA a fait un peu moins dans la nuance. Dans un avis très circonstancié, il classe ex-æquo les deux candidatures, relevant que, à côté d’immenses mérites, pas tout à fait identiques, les deux personnes présentent aussi des failles, ou des lacunes, que les sages de l’audiovisuel belge francophone énumèrent en soulignant qu’elles devraient être comblées rapidement après l’entrée en fonction. Le Conseil d’administration n’avait voté qu’à 8 contre 5 pour le second candidat extérieur, issu à la fois du monde académique et du secteur de l’audiovisuel (notamment a la RTBF). Le CSA a lui aussi classé ce candidat en 3e position, évoquant une série d’écueils qui rendraient, selon le CSA, son choix plus problématique que pour les deux premiers.
ET MAINTENANT ?
La dernière étape est dans les mains du gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles qui doit arrêter son choix très prochainement. Comme le CA, le CSA renvoie la patate chaude au politique sans faire de choix clair. La seule chose limpide est que ni le CSA ni la majorité des membres du CA de la RTBF ne recommandent le troisième candidat, que tout le monde considère comme trop clivant. Or, en matière de clivage vis à vis de l’audiovisuel public, un des partis de ce gouvernement , à commencer par son président, savent particulièrement y faire… Et l’on a souvent dit que ce dernier était celui qui était le plus compatible avec les visées de ce parti à propos de l’avenir du service public de l’audiovisuel.
Les deux partis qui gouvernent la FWB sont donc au pied du mur. Il peut faire fi des recommandations et tout de même choisir celui qui est le plus compatible avec le parti le plus fort de la coalition. On appliquerait alors la règle politique du donnant-donnant. Tu as eu la présidence du CA, je choisis l’administrateur général. Ce serait dans la logique des marchandage politiques, toujours latents en Belgique quoi qu’on en dise.
Mais on peut considérer que ce choix susciterait un certain tollé. Si ce n’est pas le cas, le choix se fera entre un candidat interne aux compétences évidentes mais que certains trouvent manquer de charisme, et une extérieure qui est la seule des trois finalistes à avoir déjà été CEO, mais qui a tout à apprendre de l’audiovisuel… Ce qui etait un peu le cas de l’administrateur actuel, dont on ne peut nier qu’il est devenu un expert en la matière. On avait dit que cette dernière avait aussi le handicap de plaire au à PS. Le nombre de votes au CA qu’elle a recueillis en dehors de ce parti montre que ce handicap n’est peut-être pas aussi grand que cela? Le politique nous le dira.
Frédéric Antoine
