Regard médias

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27 juin 2026

Quatre prétendants et un fauteuil


Le futur patron de la RTBF, louvaniste ? Peut-être. Car ils ne sont pas deux, mais quatre. Et pas tous louvanistes. Sur la base d’une source de presse crédible, nous avons analysé, début juin, le profil des deux candidats dits alors seuls en lice pour la direction de la RTBF. Erreur. Tous les prétendants devaient au moins encore passer une audition devant le CA du service public. Et ceux qui semblent toujours en course n’ont pas tous une étiquette « UCLouvain ».

Le 5 juin à 17 h 05, un news magazine bien connu mettait en ligne un article intitulé « Voici les deux derniers candidats en lice pour la succession de Jean-Paul Philippot comme administrateur général de la RTBF ». L’article est mis à jour le 5 juin à 20 h 58. Sur les réseaux sociaux, un post signé par la rédactrice en chef de ce magazine reprenait cette information à 17 h 16.

Tout le week-end, l’info circulera. Le lundi 8 juin, la RTBF publiera à 09 h 06 un communiqué au titre particulièrement sibyllin : « La RTBF vaut mieux qu’un soap opera ». Un titre tellement subtil et hors sujet que ce communiqué échappera à notre sagacité. 

Dans ce texte, la porte-parole de l’opérateur public démentait qu’il n’y ait que deux candidats toujours en course :     « Les informations reprises dans l’hebdomadaire sont contraires à la réalité quant au déroulement de la procédure en cours. C’est la qualité du travail mené par les experts, entre autres internationaux, leur sérieux et l’objectivité de leur analyse et de leur engagement qui sont ainsi gravement attaqués. À ce jour, aucun avis du jury n’est finalisé et n’a, de ce fait, été transmis au Conseil d’administration. Rappelons que seul le jury connaît l’avis du jury. Les auditions des candidats par le CA n’ont pas encore eu lieu. De telles sorties spéculatives s’avèrent préjudiciables pour la fin de la procédure et s’apparentent à de la désinformation. »

N’ayant pas pris connaissance de ce communiqué, c’est donc sur la base des informations du news magazine de référence que nous publions, ce même 8 juin, un post intitulé « RTBF, des enfants de l’Alma ». Nous y évoquons « un point commun entre les deux dernières personnes qui, selon les médias, restent en lice avant le choix du Conseil d’administration de l’institution » et développons l’analyse de ce point commun.

DE 2 à 3 OU QUATRE. PEUT-ÊTRE

Ce 24 juin à 19 h 30, un journal de qualité de Belgique francophone met en ligne un article reservé à ses abonnés intitulé « Trois noms se dégagent pour lui succéder à la direction de la RTBF ». L’article y évoque quatre finalistes potentiels après les auditions de sept candidats par le CA de la RTBF.

L’information révélée par le news magazine concernait les profils qui semblaient avoir été retenus par le jury d’experts, avant que celui-ci n’ait rendu son avis final officiel, du moins si l’on en croit le communiqué de la RTBF. Et, selon la fuite divulguée par le news magazine, il semblait y en avoir deux parmi les sept finalistes. 

L’information contenue dans l’article du quality paper concerne, elle, les auditions des candidats par le CA et les « tendances » émergeant à leur suite au sein du CA.

ONE STEP BEYOND 

Les deux niveaux ne sont que des étapes dans le processus de sélection de l’administrateur général. Le collège d’experts remet un avis motivé dans lequel il établit un classement des candidats. Celui-ci est consultatif et non juridiquement contraignant. Le CA n’est pas obligé de le suivre, mais il constitue néanmoins une base importante, car il fournit une évaluation professionnelle indépendante et sert souvent de filtre préalable. Le CA, de son côté, doit auditionner tous les candidats présélectionnés. Un candidat très bien classé par les experts peut perdre du terrain après son audition, tandis qu’un autre peut davantage convaincre le CA.

À la fin des auditions, chaque administrateur a un avis, mais il n’y a toujours pas de décision. Et celle du CA n’est pas définitive. Le CA arrête son choix sur le ou les candidats qu’il souhaite proposer à l’autorité politique. Mais c’est elle qui tranchera. On est en Belgique, quand même !

PLUS LARGE SPECTRE 

Quoi qu’il en soit, l’article du quality paper fait bien référence aux deux « louvanistes » évoqués dans notre post du 8 juin, l’un de manière évidente, l’autre de manière moins certaine, car cette personne serait considérée comme trop proche du PS, ce qui constitue évidemment une tare par rapport à la majorité politique actuelle à la FWB. Les deux autres personnages sont moins publiquement connus. Le choix de l’un d’entre eux élargirait un peu le cadre « louvaniste », puisque cette personne a fait ses études à l’UNamur avant d’entamer une carrière dans le secteur des télécoms. L’autre sort de ce cadre, puisqu’il a fait ses études chez Solvay (ULB) et a été assistant et chercheur à la Solvay Brussels School avant d’entamer un parcours de dirigeant financier, depuis 2009, comme directeur financier de la RTBF.

Le tableau des formations que nous avions établi dans notre post du 8 juin pourrait donc encore réserver des surprises.

Pour avoir accordé foi à des informations diffusées par le seul quality news magazine de Belgique francophone, encore toutes nos excuses.

Frédéric ANTOINE


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