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Regard médias

Il y en a des choses à dire sur les médias en Belgique…

28 février 2022

Pourquoi Poutine a-t-il négligé les médias ukrainiens ?






Et si la force de résistance des Ukrainiens provenait… de leurs médias, qui continuent à émettre jour et nuit en couvrant la guerre avec assurance. Des médias actifs comme si de rien n'était. Comme si Poutine les avait (heureusement) oubliés.

D'ordinaire, prendre ses médias constitue un des premiers objectifs d'une agression armée contre un État. Occuper la radio-télévision et ainsi empêcher toute information de la population envahie, n'est-ce pas essentiel? Miner l'état des troupes ne passe-t-il pas par le silence radio? Pas dans le cas de l'Ukraine en tout cas. L'activité, le dynamisme des médias audiovisuels de ce pays meurtri est impressionnante. Leur relais sur internet, et leur présence permanente en direct sur Youtube, participe assurément à soutenir l'état d'esprit des populations, et à le dynamiser. Si les Ukrainiens tiennent bon, cela semble aussi être grâce aux médias.


Des médias qui n'opèrent pas dans la clandestinité, mais qui paraissent continuer à faire le job, en particulier sur les chaînes all news, dont Ukraïna 24, qui présente sa retransmission en direct par ces mots: " Le 24 février 2022, le président Volodymyr Zelensky a déclaré la loi martiale dans le pays en lien avec une attaque militaire à grande échelle des forces armées de la Fédération de Russie contre des villes ukrainiennes. Que se passe-t-il en ce moment ? Les forces armées ukrainiennes travaillent. La direction de l'Etat appelle au calme. Tout sera l'Ukraine ! УкраїнаLIVE "Ukraine 24". Cette chaîne, comme d'autres, travaille depuis de grands studios, avec recours à des incrustations et à des split screens. Ukraïna 24 "is the first 24/7 News TV channel from the Ukraine. The channel was founded in 2006. It claims to present an objective and unbiased presentation of news, interesting and useful information for the viewer of the day" (1).


Sur la chaîne Canal 24, les journalistes, plutôt jeunes, s'y succèdent à l'antenne, parfois seuls, parfois en couple. Le programme fait l'objet d'une réelle réalisation, avec enchaînements de séquences et de témoignages (souvent recueillis par smartphones). Lors des retours studio, plans larges sur le couple de journalistes alternent avec plans plus serrés sur l'un d'entre eux. Au milieu de ces événements terribles, ils esquissent même parfois un sourire. La chaîne, "appelée à l'origine News Channel 24, fait partie de la Lux Television and Radio Company, un conglomérat de médias en Ukraine" (2). La journaliste présente dimanche en fin d'après-midi était impressionnante malgré son jeune âge. La chaîne possède un site internet (https://24tv.ua/) qui comprend un nombre considérable d'informations sur la guerre, vue par les Ukrainiens, et qui est, selon certaines sources un des plus visités du pays (2).
Kyiv, est une télévision de Kiev. Son site présente la "diffusion en direct de la chaîne de télévision de Kiev sur la défense de l'Ukraine et de Kiev contre les envahisseurs russes". Selon ce qu'elle dit d'elle-même, la chaîne a un profil plutôt généraliste, mais la guerre en a fait une chaîne d'info. "Kyiv tv est un diffuseur moderne de la capitale européenne. Nous sommes toujours les premiers à savoir quoi, où et quand se passe à Kiev. Les sujets d'actualité de la vie de la métropole métropolitaine se dévoilent dans les programmes uniques de la chaîne. Le contenu artistique de la chaîne de télévision se compose de films et de séries européens et américains."(3)

 
Le compte Telegram de la station est entièrement dédié aux événements, et se présente à la fois comme au service des habitants de la capitale, et de l'Etat ukrainien en guerre. La chaîne y écrit elle-même que "les principales nouvelles de Kiev sont exactes et proviennent de sources primaires".


 
Une des spécialités des chaînes est la diffusion de brèves interviews de soldats russes faits prisonniers par l'armée ukrainienne. Une communication qui a de quoi renforcer la détermination des populations, et qui est soutenue par un site créé par le ministère des Affaires intérieures d'Ukraine afin de présenter les documents d'identité et les photos des soldats russes capturés ou tués par l'armée du pays.


Un site évidemment destiné à être consulté par les familles concernées. Et qui peut avoir un effet réel…tant que subsistera internet entre la Russie et l'Ukraine.



Il existe encore d'autres stations qui se sont muées en news channels, et qui sont tous actifs en temps réels. Comme les autres médias ukrainiens, ils continueront à mobiliser les corps et les âmes aussi longtemps qu'ils pourront émettre, ou être reçus via l'internet.

Tant que…


Frédéric ANTOINE.


Lorsque sévissait la guerre en Serbie contre Milošević, je passais mes nuits à regarder la télévision serbe, diffusée par satellite. C'était impressionnant de propagande et de directs couvrant les bombardements de la ville. Très révélateur, instructif. Plus qu'utile quand on est journaliste. Mais en Belgique (et dans d'autres pays d'Europe occidentale), personne ne s'y intéressait. En 2022, il suffit d'une liaison internet pour entrer au cœur de tous ces médias, de les voir vivre. Et de mieux comprendre. Il suffit. Mais encore faut-il le vouloir…


(1) https://wwitv.com › tv_channels › b2602.htm
(2) https://fr.abcdef.wiki/wiki/Channel_24_%28Ukraine%29
(3) https://kyiv-media.translate.goog/about?_x_tr_sl=uk&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=en&_x_tr_pto=wapp



04 février 2022

Sauvetage du petit Ryan : quand les médias créent une émotion planétaire


La planète retient son souffle : arrivera-t-on à sauver le petit Ryan, tombé dans un puits à Tamrout (Maroc) ? Pas un Jt, ou presque, sans nouvelles du sort du pauvre garçon. Le petit Marocain n'est pas le premier enfant à susciter pareil intérêt médiatique. Pourquoi tant d'émotion ?

Le 1er février après-midi Ryan (0) est tombé dans un puits que, semble-t-il, réparait son père (1). Bien que se déroulant dans un village en terre battue (2) et un peu perdu à ± 130 km de Tétouan, l'information remonte dans les médias locaux. Le quotidien en arabe Press Tetouan annonce la nouvelle sur son site dès le 2 février à 00h48, déjà accompagnée d'une photo, suivi par Alhadet à 00h50.

 (contenus en arabe, traduits en français)

Ce 2 février, le sujet sera traité, sur un mode mineur, par quelques sites marocains d'information (3). Il faut attendre le jeudi 3 pour que le fait divers prenne une ampleur nationale, puis internationale.  Analysant cet émoi international, Press Tetouan publiera le 3 en fin de journée et pendant la nuit plusieurs articles évoquant l'émoi international suscité par l'événement : Ryan unit le cœur des Arabes (4) ; L'attention de la presse internationale se tourne vers Tamrout (5) ; British Broadcasting Corporation... "Ryan" est devenu le fils du Maroc et de tout le Moyen-Orient (6)… L'article sur la presse internationale fait même référence au Soir et à 7sur7.be, considérés comme représentant les médias francophones dans leur ensemble (7). 

 Fait divers public

Les médias audiovisuels ne seront évidemment pas en reste, d'autant que pareille affaire permet de faire de l'image. Jeudi soir, le sort du "petit Ryan" est longuement traité dans le Jt de 19h30 de La Une (RTBF). La séquence à ce propos dure 1'47". Elle commence 21'20 après le début de l'émission. TF1 fait un peu moins bien : sa séquence, qui n'occupe qu'une minute de l'antenne, démarre 22'50 après le début du Jt. Mais elle est précédée d'un lancement studio de 20 secondes, alors que, à la RTBF, il ne prend que 15 secondes. Au RTL Info de 19h, le sujet fait seulement l'objet d'un "à-travers" de 20 secondes, placé 25'50" après le début du Jt. Sur France 2, cette info… n'est pas évoquée du tout. Elle n'est pas non plus dans le mini Jt atyique qu'est l'émission Vews, sur Tipik, ni dans le 21h de LN24. 


Sur RTBF radio La Première, le "petit Ryan" est par contre le… 2e titre du journal parlé de 19h (durée du titre : 20 secondes). Au cours du journal, ce sujet occupera 1'12" de l'antenne, en débutant à 3'17. Il comprend un lancement de 24", un "billet sec" d'une correspondant sur place (dont on ne saura rien et dont on ne comprendra pas le nom (8) ), sujet d'une durée de ± 35". Il sera suivi d'un retour studio de 13" évoquant un autre cas d'enfant tombé dans un puits, celui du "'petit Julen", survenu en Espagne il y a juste deux ans.

Mise à jour : le vendredi 4, dans son JT 20h, France 2 a bien rattrapé son vide du soir précédent. Le journal a consacré au "petit Ryan" une très longue séquence, 11 minutes après le début du journal (soit bien avant les JT du jeudi). Le sujet en lui-même a duré 1'25, après un lancement de 5". La chaîne publique  française a donc traité le sujet en 1'30. Mais il y a même inclus une animation destinée à faire comprendre comment les secours espéraient atteindre le jeune garçon prisonnier. Le même soir sur RTL-TVI, on passe d'un "à travers"' du jeudi à une séquence de 1'30, annoncée dans les titres, et .diffusée à la 27e minute du journal, accompagnée d'une infographie.

On peut donc dire que, finalement, les quatre chaînes observées ont traité de manière auss imposante ce fait divers, la différence se situant dans le moment de la réaction. La Une et TF1 s'investissent dans un long traitement dès le 3/2, alors que les deux autres stations considèrent alors l'événement comme peu digne d'intérêt. Devant l'ampleur médiatique que prend l'événement le 4/3 et l'impact émotionnel que celui-ci a sur les populations, et une chaîne publique (France 2) et une chaîne privée (RTL TVI) changent leur fusil d'épaule et survalorisent l'événement, allant jusqu'à en faire un des titres de leur édition vespérale, et en l'illustrant d'une infographie. Les deux chaîne "rattrapent' ainsi le coup de la veille. Pour quelles raisons éditoriales ?

La loi des séries

L'élément évoqué en fin du JP de La Première n'est pas innocent. Au même moment, plusieurs autres médias feront eux aussi allusion à cet autre drame arrivé il y a peu. D'autant que celui-ci s'est mal terminé : l'enfant (le "petit Julen") est finalement décédé. 

Serait-on en train de vivre une répétition des affaires de ce type, comme s'il y a avait là une loi des séries, voire une malédiction sur les enfants ? 

 En ne cherchant que quelques minutes sur internet avec l'aide des moteurs de recherche Duckduckgo et Google et les mots "enfant-tombé-puits-drame", on repère deux douzaines de drames de ce type  au cours des ± dix dernières années. Ce relevé est forcément incomplet. Il révèle toutefois que les médias évoquent fréquemment les chutes d'enfants dans les puits. 

Dans de nombreux cas, le fait divers est terminé lorsque le média s'en empare. L'issue a alors souvent été fatale, et le fait est présenté de la même manière que les autres accidents de la vie. Parfois, on relate le fait parce que l'issue a, au contraire été positive. On met évidemment alors cet élément "anormal" en exergue. 
Miaisd loccasions où les journalistes peuvent parler d'événements de ce type alors qu'ils sont en train de se produire sont rares.

Un suspense insoutenable

C'est ce qui distingue "le petit Ryan" de la plupart des faits divers ayant par ailleurs les mêmes trois caractéristiques : un puits, une chute, un enfant. L'événement ici prend une autre dimension, car il comprend une quatrième caractéristique : la tentative de sauvetage. L'actualité est prise en cours de déroulement. Il se passe toujours quelque chose quand débarquent médias et caméras. La scène comprend des personnages (parents, témoins éventuels, sauveteurs…) et, par dessus tout, elle repose sur un suspense insoutenable. Or, le suspense n'est-il le père de tout récit : que va-t-il se passer ? Tout est là. Dans l'attente d'un dénouement, heureux ou malheureux.

Voilà pourquoi ce fait divers, somme toute hélas plutôt banal, enfle jusqu'à devenir un sujet médiatique national, voire mondial. Lorsque tout un pays, et plus, suit en direct les opérations de sauvetage, il s'accroche à l'enchaînement des événements comme à d'autres récits où l'issue est incertaine. Avec le surcroît de tension provenant du fait que l'on est ici dans le réel, et non dans la fiction. Une vie est bien en jeu. Et, qui plus est, celle d'un enfant, chose sacrée, comme on peut le comprendre. Ce qui explique pourquoi les médias s'intéressent davantage aux drames concernant les enfants qu'à ceux qui touchent les adultes. La charge émotionnelle liée à ce qui se passe dans ce puits devient dès lors énorme.

Modèle en son genre

L'événement marocain n'est hélas que la réplique d'autres cas de traitement médiatique d'accidents concernant des enfants. Le tableau ci-dessus rappelle, sous le titre L'agonie d'un enfant, ce cas survenu près de Rome en 1981 déjà, et qui avait suscité un énorme déferlement médiatique, ainsi qu'une attention sans bornes des populations. 

L'emballement était toutefois là encore plutôt local. Médiatiquement parlant, le premier cas de cette série si spéciale se situe quelques années plus tard. Il  ne concerne pas tout à fait un puits, mais tous les autres ingrédients de la sinistre recette y étaient. Il s'agit de ce que Paris-Match dénommait encore avec subtilité récemment L’insoutenable calvaire d’Omayra Sanchez

En 1985, lors de l'éruption d'un volcan endormi en Colombie, cette petite fille était devenue prisonnière d'une coulée de boue. Un photographe de presse, qui croyait saisir l'image d'une victime de la catastrophe, s'aperçoit qu'elle est vivante. Cet homme de médias lance un appel au secours, et l'opération de sauvetage de l'enfant débute. Sous les yeux des caméras du monde entier. Omayra est consciente, elle parle. Elle se confie. Elle se montre forte. Que d'émotions ! On l'aide à résister à la boue qui l'entoure, mais on ne parviendra pas à la sauver. On assistera à sa mort en direct. Rappelant cet événement (9), Paris-Match parviendra même encore il y a peu à republier la dernière photo de l'enfant, lorsqu'elle est sur le point d'expirer…

On n'avait jamais été aussi loin. Surtout avec des enfants. Les médias n'avaient jamais su, pu, ou osé, couvrir ainsi un fait divers de ce type. Mais la brèche a été ouverte.  Elle ne se refermera plus. Et les feuilletons recommenceront. Qu'on se rappelle, par exemple, en 218, l'histoire de ces douze enfants bloqués dans une caverne en Thaïlande, vécue par le menu, avec des drames et des détails en tout genre.

En 1985, on appelait encore l'enfant victime par nom et son prénom. Aujourd'hui, on parle du "petit Julen" ou du "petit Ryan". La dernière digue de la distance (ou du respect?) a été rompue. Celle ou celui qui risque de perdre la vie, ne pourrait-il pas être notre enfant ? De spectateurs, les médias font quasiment de nous des acteurs de l'histoire. Comme si on y était. Par procuration. La vive émotion vécue au Maroc en est plus que la preuve.

Frédéric ANTOINE 04/02/2022 - 18h

Mis à jour 04/02 20h30, 05/02 08h (réécrit 11h40)

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(0) Nous utiliserons ici l'orthographe Ryan et non Rayan, employée surtout dans les médias francophones, car elle nous paraît plus fidèle à la dénomination arabe.
(1) Le contexte de l'événement n'est pas très clair, le père disant aux médias que son fils était à côté de lui, puis est tombé dans le puits. Sa mère, dans une déclaration à la presse, a elle expliqué qu'elle cherchait son fils le mardi après-midi et qu'il avait disparu, sans savoir où il était…
(2)
(3) Notamment : machahidpress, chaouen24
(4) (Press Tetouan) الطفل “ريان” يوحد قلوب العرب
(5) (Chaouanpres) أنظار الصحافة العالمية تتجه إلى تمروت
(6) الإذاعة البريطانية… الطفل “ريان” أصبح ابن المغرب وعموم الشرق الأوسط(Press Tetouan) 
(7) Tour à tour, plusieurs journaux francophones ont couvert l'actualité, dont « Le soir » : « Un enfant de 5 ans coincé dans un puits de 35 mètres de profondeur » et « 7sur7 » : « Une course contre la montre pour sauver un enfant de 5 ans coincé dans un puits au Maroc ».
(8) Quelque chose comme Eva (?) Secan, ou Segan, ou Sekan, ou ???
(9) https://www.parismatch.com/Actu/International/Omayra-Sanchez-morte-en-direct-boue-volcan-Armero-Colombie-1985-photos-1712373#-Samedi-a-9-heures-lenfant-ferme-les-yeux-Elle-ne-les-rouvrira-plus-Malgre-respiration-artificielle-et-massage-cardiaque-Un-des-sauveteurs-bouleverse-perd-connaissance-La-mort-apres-soixante-heures-de-combat-a-triomphe-de-lenfant-courageuse-Paris-Match-n1905-29-novembre-1995
 


01 février 2022

The Voice Belgique : c'est la perte de voix



La RTBF a beau se réjouir des résultats de la dixième saison de The Voice Belgique, en nombre de téléspectateurs, ce n'est pas la joie. Les premiers blind n'ont pas très bien marché du tout…

Une moyenne de 342.000 téléspectateurs (J+1) en 2020 contre 435.000 en 2019. Avec une perte de près de 100.000 personnes sur les 5 premiers blind, qui attirent en général le plus de monde, The Voice risque l'extinction de voix. Si l'on prend en compte les visions décalées jusqu'à 7 jours après l'émission (1), le programme est encore plus aphone. De 2019 à 2022, sur la moyenne des spectateurs J+7 des trois premiers blind, on passe de 511.000 à 387.000 personnes. Une baisse de volume d'environ 124.000 individus. Certes, le programme a une petite audience en différé, mais celle-ci est, cette année, sans comparaison avec celles des versions passées. Et nous n'avons pas pris en compte ici la situation de 2021, où l'on était en plein covid, avec de forts scores d'audience, alors qu'en janvier-février 2019, la liberté de vivre n'avait pas encore été mise entre parenthèses…

L'an dernier, l'audience J+7 avait augmenté entre le blind 1 et le 3, avec des chiffres supérieurs à 2019. Cette année-là, l'audience J+7 était stable pour les deux premiers blind, et avait crû pour le 3. Cette année, l'audience a baissé pour le blind 2 et est ± revenue pour le 3 au stade du blind 1.
En 2022, l'audience +7 finit, au blind 3, par rejoindre celle que le programme a obtenue l'an dernier. Cette année, les 3 premières émissions se sont classées aux 9e ou 10e place des meilleurs scores de leur semaine de diffusion. En 2021, pour la même période, le programme était entre 5e et 9e position. En 2019, c'était entre 3e et 6e…
 
 Interprétations diverses

Jusqu'à l'an dernier, la RMB donnait librement accès à d'intéressants détails sur le profil de l'audience de The Voice via son application RMB Insight. En 2022, c'est un étrange silence radio. Il faut donc se rabattre sur un communiqué triomphant publié en ligne par la régie ce 13 janvier (2). Si on n'y évoque pas les chiffres absolus traités ici, on peut par contre y lire que le télé-crochet attire "pas loin de 500.000 téléspectateurs par programme" (ce qui ne correspond pas aux data J+7 communiquées par le CIM, mais qui doit faire référence à une mesure de l'auditoire, c'est-à-dire de tout qui a eu contact avec le programme, et n'exploite donc pas la mesure de l'audience moyenne communiquée par le CIM).
La RMB écrit aussi que l'émission réalise "des performances inébranlables", affirmant que "la part de marché moyenne de la Saison 10 (24% sur PRP 18-54) atteint le même niveau que celle de la Saison 9 (24% sur PRP 18-54)". 
 
La dégelée de l'an neuf
 
Aucune de ces analyses ne fait référence au fait que, pour la première fois, le show a débuté au milieu  des vacances de Noël (premier blind le 28/12), ce qui aurait dû lui attirer un public plus nombreux que les saisons antérieures, où le programme avait commencé en janvier. Concrètement, cela n'a pas été le cas. L'audience de ce premier prime a été inférieure à celle des années précédentes. Les parts de marché du programme en J+7 ont, elles, été légèrement supérieures à celles des épisodes suivants (28/12 : 27,6%. 4/01 : 24,4%. 11.01 : 6,6%). 
Une première avant le 31 décembre aurait aussi pu avoir un effet d'entraînement, en poussant l'audience à rester à l'écoute pour la suite. Surtout que, cette année, les vacances de Noël étaient toujours au menu début janvier, lors de la diffusion du deuxième épisode. Or, cette semaine-là, The Voice a réalisé son pire score d'audience jusqu'à présent, et a obtenu ses plus basses parts de marché (parmi les data disponibles). Pas sûr donc que le coup des vacances de Noël ait vraiment fait mouche…
 
Premier quand même

Quel que soit l'état du nombre de spectateurs, la RTBF peut en tout cas s'enorgueillir, comme le souligne la RMB que "The Voice est le programme suivi par la plus grande part des téléspectateurs (PRA 18-54) de la soirée du mardi". L'audience de primetime étant fort morcelée en Belgique francophone, ce résultat peut aisément être atteint avec de faibles parts de marché en fonction du nombre de chaînes entre lesquelles se répartissent les téléspectateurs. Mais il faut reconnaître que, ce soir de la semaine-là, La Une dame le pion à RTL-TVI. Par la qualité de son programme. Mais aussi, peut-être parce que, le mardi soir, la chaîne privée programme (volontairement ?) une série qui ne se distingue pas trop du lot et obtient des résultats très moyens.

Mais qu'importe. Être en tête, n'est-ce pas ce dont rêve d'abord le service public?

Frédéric ANTOINE

(1) Et ce sur tous les écrans du foyer (et pas seulement sur l'écran principal).

(2) https://rmb.be/fr/actualites/647-the-voice-la-10eme-assure/

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