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Regard médias

Il y en a des choses à dire sur les médias en Belgique…

08 juin 2026

RTBF : des enfants de l’Alma


Le futur patron de la RTBF sera forcément une ou un « Louvaniste ». Les deux derniers candidats en lice ont en effet accompli l’essentiel de leur formation universitaire à ce qu’on appelait jadis « L’Alma Mater ».


La prédiction n’en est pas une. Il y a 100% de chances pour que le prochain titulaire du poste le plus élevé dans la hiérarchie de la RTBF soit issu de l’UCLouvain, au temps où on l’appelait UCL et, peut-être même encore, l’Université Catholique de Louvain. Certes, la bure ne fait pas le moine (ou la religieuse). Mais cet élément constitue un point commun entre les deux dernières personnes qui, selon les médias, restent en lice avant le choix du Conseil d’administration de l’institution, bien mis à mal récemment.

Sauf erreur ou homonymie, le curriculum scolaire de la candidate retenue commence en effet au Collège Saint-Augustin d’Enghien, option Latin-Grec, à la fin des années 1990, et se poursuit à la Louvain School of Management, dont elle sort ingénieure de gestion en 2005. Juste avant le covid, elle complétera cette formation à la Harvard Business School, en Health Care Delivery Management.

Le parcours scolaire de l’autre prétendant à la succession de Jean-Paul Philippot est plus sinueux. Si elle est née à Madagascar, cette personne a terminé ses études secondaires au Lycée Aristide-Briand d’Évreux (baccalauréat A1 Lettres-Mathématiques), fin des années 1980. Tout en étant ensuite inscrit pendant cinq ans au séminaire d’Évreux, il étudiera à La Sorbonne. Mais l’essentiel de son cursus académique (licence, agrégation, doctorat) en philosophie aura lieu à Louvain-la-Neuve au cours des années 1990. L’intéressé complètera la chose par cette particularité française qu’on appelle une « HDR » (Habilitation à diriger les recherches) obtenue à l’Université de Strasbourg juste avant 20120, puis par un Master exécutif en management public (ULB-UCL-ULg) et un Certificat en management public (École d’Administration publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles).

Si la première candidate n’a pas ouvertement et publiquement manifesté de liens avec le « pilier » historique que représentait l’Alma Mater, centrant ses prises de parole sur le secteur de soins de santé et sa gestion, il en est tout autrement de son concurrent, qui n’a jamais caché dans ses nombreux ouvrages, conférences et interviews (1) sa totale relation avec le monde et la foi catholique.

L’une de ces deux personnes sera dans quelques mois commodore d’une flotte dotée d’un vaisseau tout neuf, mais navigant dans la houle et les embruns d’une tempête politico-idéologico-économique particulièrement âpre depuis les dernières élections.

À nouveau, sauf erreur ou omission, il faut remonter à près de 30 ans pour retrouver un timonier de la RTBF ayant accompli (au moins) une partie de son parcours à l’Alma Mater louvaniste. Et encore était-ce déjà, à l’époque, une première depuis 1960. (voir tableau ci-dessous)

Mais en fait, en 2026, cela a-t-il vraiment de l’importance ?

 

Frédéric ANTOINE 

Responsable

Période

Diplôme(s) / formation connue

Université / établissement

Robert Wangermée

1960-1984

Doctorat en philosophie et lettres ; historien/musicologue

ULB

Robert Stéphane (alias Robert Clausse)

1984-1993

Sociologie

ULB,

(probablement (2)

Jean-Louis Stalport

1994-1997

Licence en droit ; licence en droit social

UCL, puis ULB

Christian Druitte

1997-2002

Licence en philologie romane

ULg

Jean-Paul Philippot

2002-2026

Ingénieur commercial

Solvay / ULB

 

(1)   Notamment l’interview de 42 minutes accordée en juillet 2023 à l’émission de La Première  RTBF Ceci n’est pas un selfie.

(2)   Robert Stéphane, de son vrai nom Robert Clausse, était le fils de Roger Clausse, un des fondateurs de la section « journalisme » de l’ULB au lendemain de la 2e Guerre Mondiale, qui prendra la direction de l’INR l’année précédant l’arrivée de son fils dans l’Institut comme journaliste.

 

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