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Regard médias

Il y en a des choses à dire sur les médias en Belgique…

11 janvier 2021

LA HIÉRARCHIE DE L'INFO PEUT ÊTRE ÉTRANGE DANS UN JOURNAL PARLÉ. PETITE ÉTUDE DE CAS.

(Image d'illustration)
"Changer de ton pour obtenir une meilleure adhésion du public aux règles sanitaires, c'est le but des Covid Boys, deux hommes qui sillonnent les rues de Bruxelles pour attirer l'attention des passants sur ce thème. C'est une initiative privée. La ministre française de la Défense, Florence Parly, s'inquiète de la résurgence de l'Etat islamique en Irak et en Syrie, alors que les USA projettent de retirer 500 soldats de la zone." Tels étaient les deux titres du journal parlé de La Première, ce dimanche 10 janvier à 17h…

 Ce journal parlé de 17h de La Première, d'une durée d'un peu moins de 9 minutes comprenait neuf infos, dont certaines plutôt… étonnantes. Face au brouhaha et aux convulsions de l'actu dans le monde et en Belgique, il commençait en effet, comme l'annonçait le premier titre du sommaire, par un sujet d'une actualité brûlante : dans les rues de Bruxelles, depuis deux mois, deux jeunes hommes esssaient de sensibiliser les passants à la prophylaxie anti-covid. Ce sujet est essentiellement constitué  d'un reportage, d'une durée d'environ une minute trente. La deuxième info, après avoir fait une très rapide allusion à la tempête de neige que connaissait l'Espagne, concerne… le Japon, lui aussi touché par des intempéries.

La troisième info évoque une déclaration faite à France Inter par la ministre française de la défense à propos de la résurgence de la présence de Daesh au Moyen-Orient. Elle est  un principalement composée d'un extrait de déclarations de la ministre sur la radio publique parisienne. Restant en France, le titre suivant traite du variant anglais du covid présent à Marseille là aussi à partir de propos : ceux tenus par "la première adjointe au maire de Marseille chargé de la santé".

 On passe ensuite en Belgique, où une info sur un enlèvement à Hal est brièvement traitée, avant que l'on s'attarde sur l'histoire d'une jeune fille qui a décidé d'élever des chèvres et d'en exploiter le lait. Cette information très originale fait l'objet d'un long reportage. Puis comme le veut la traditionnelle hiérarchie journalistique, les infos sportives clôturent le contenu du journal. Celles-ci, au nombre de trois, survolent trois sports et incluent l'annonce du décès d'Hubert Auriol.
 
La hiérarchie de l'info de ce journal parlé débute donc par un sujet hors actualité, mais que l'on peut considérer comme "une nouvelle positive desociété". Il accorde une place appréciable à l'étranger, puisque trois sujets sur neuf (et trois sur six hors sports) concernent l'international. 
 
Choix et hiérarchie
 
En étudiant la répartition du temps consacré à chaque sujet, d'intéressantes observations se dégagent.
Deux sujets occupent en effet à eux seuls 42% du temps de cette émission d'informations sensée faire le tour des nouvelles de Belgique et du monde : l'action des deux Covid-boys bruxellois et le projet d'une Gerpinnoise de 18 ans qui compte se lancer dans l'élevage de chèvres (voir ci-dessous la retranscription du contenu de ce sujet). Le succès sportif de Wout Van Aert et les déclarations de la ministre français suivent en ordre d'importance, ainsi que le sujet sur la variante anglaise du covid à Marseille. L'international représente ainsi 30% du temps de ce JP.

Celui-ci comprend bien quelques-unes des infos diffusées ce jour-là entre 13 et 17h par les fils infos de médias comme la RTBF elle-même ou Le Soir (la RTBF faisant de la jeune chevrière un de ses titres), mais une comparaison (voir tableau ci-dessous) confirme que ce journal parlé était plutôt original. Certaines nouvelles des fils info se retrouvent dans le JP (notamment en sports) de fin d'après-midi, mais celui en comprend d'autres, et les hiérarchise autrement. Une autre manière de faire de l'info radio? Assurément. Un nouveau style pour La Première, loin des nouvelles institutionnelles et de la politique ? Peut-être. Ou un petit effet contamination du style d'infos d'autres chaînes (ou stations) ? A réflechir.

Frédéric ANTOINE.
 
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Sujet "La jeune chevrière"

Speaker 2: Elle s'appellent Marguerite, Sarah, Belle. Ou encore Nutella, ces petites chèvres. C'est le point de départ du pari professionnel de Chloé Clémerie, qui va se lancer dans la fabrication du fromage de chèvre.

Speaker 1: Il y a deux ans, j’étais à Ciney à l'école et j'ai dû aller en stage de fabrication de fromage et j'adorais faire du fromage. J'ai voulu commencer à en produire, mais je ne voulais pas prendre de vaches, donc j'ai choisi les chèvres.
Speaker 2: Le monde agricole, pour Chloé, c'est loin d'être un monde inconnu. C'est soutenue par ses parents qu'elle s'est installée dans la ferme familiale. Sa maman,Anne Clémerie.

Speaker 3: oui oui on est fiers, surtout qu'elle n'a que 18 ans et qu'elle veut se lancer là-dedans. On est très fiers d'elle. Quand elle nous en a parlé, on l'a suivie tout de suite dans son projet. On va essayer que ça fonctionne au mieux.
Speaker 2: Les premières traitent des chèvres, c'est pour fin mars et ce sera alors à Chloé de jouer et de proposer toute une gamme de produits.

 pour de la glace, du fromage frais principalement.
Speaker 1: 
Du yaouet, de la glace, du fromage frais principalement. Et on va ouvrir un petit magasin où on veut aussi vendre des produits locaux d'autres producteurs.
Speaker 2: Vente à la ferme, mais aussi, via une coopérative, sont déjà prévues. Autre projet proposer dès cet été : des glaces au lait de chèvres locales aux promeneurs qui se baladent sur le Ravel, juste à côté de la ferme.

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Fil info du Soir et de La Première, dimanche 10/01/2021 de 12h50 à 17h00
 

PAYSAGE MÉDIAS : ÇA S'ÉCLAIRCIT DU CÔTÉ DES PROPRIÉTAIRES…

Participations croisées, co-actionnariat, partages nord-sud… Le marché belge des médias s'est longtemps distingué par la complexité de ses structures de propriété. En quelques mois, ça pas mal changé. Dernier élément en date : Rossel, désormais seul patron du quotidien gratuit Metro.

Fin des histoires compliquées et de certaines des associations entre acteurs du Sud et du Nord du pays. Désormais on va y voir plus clair, et on saura qui est qui. Juste avant Noël, le groupe flamand Mediahuis annonçait ainsi avoir cédé ses 50% de Metro à son autre co-actionnaire historique, Rossel. Le groupe bruxellois devient ainsi le propriétaire unique du seul titre belge paraissant dans deux des langues nationales (mais avec des contenus plutôt différents). Le cas de 7sur7.be, édité par le groupe flamand PDG n'est donc plus unique : voilà un deuxième éditeur d'une des parties du pays à posséder seul un organe de presse quotidienne publié dans la langue de l'autre communauté.

Cet éclaircissement de propriété en suit d'autres. En mars dernier, l'actionnariat de Plus Magazine s'était lui aussi remodelé. Le groupe Bayard, qui avait fondé la formule en créant jadis Notre Temps, a alors cédé ses parts à Roularta. On pourrait y ajouter le rachat des éditions luxembourgeoises St-Paul par Mediahuis, survenu en avril 2020. Mais, dans ce cas, c'est plutôt la structure qui se complique, puisque l'éditeur flamand, qui avait tout fait pour se défaire de ses avoirs francophones (hormis participation dans l'audiovisuel) s'est là retrouvé propriétaire de médias, grand-ducaux certes, mais en partie au moins publiés en langue française…

On ne peut non plus exclure de cette énumération le rachat des éditions de L'Avenir par IPM, officialisé ces derniers jours. Finis les méli-mélo autour de Nethys et de son intercommunale faîtière. Il est maintenant clair que, comme en Flandre, il n'y a plus désormais que deux groupes de presse quotidienne généraliste en Belgique francophone. De quoi gérer le marché d'une belle manière oligopolistique.

Mais la plus grande opération de clarification de 2020 restera sans doute peut-être le rachat du solde de RTL Belgium par sa maison-mère, le RTL Group. Là aussi, les embrouillamini précédents, notamment autour de la nébuleuse Audiopresse, appartiendront bientôt au passé. 

Rares seront donc bientôt les médias belges dont l'actionnariat restera entre plusieurs mains, avec des intérêts partagés entre les acteurs. Les cas les plus patents subsistant sont liés au groupe Roularta, fondamentalement flamand mais bilingue dans les faits, avec Rossel pour Mediafin (L'écho, De Tijd)   et avec Bayard pour Belgomedia (Télépro). Mais pour combien de temps encore?

Frédéric ANTOINE

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