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Regard médias

Il y en a des choses à dire sur les médias en Belgique…

13 décembre 2021

KOH-LANTA: CE SOIR, LE CREPUSCULE DES DIEUX


L' "affaire" Koh-Lanta, dont l'épilogue a lieu ce mardi soir, rapporte la télé-réalité au rang de ce qu'elle prétend être : de la réalité vraie. Elle démontre que les candidats y sont à la fois des êtres comme les autres, mais aussi pas comme les autres. Oui, télé-réalité rime avec oxymoron.

Pendant 36 jours, ils n'auront à manger que du riz, du manioc (s'ils en trouvent), des poissons (s'ils réussissent à les pêcher) et des fruits de mer (s'ils parviennent à les attraper). La faim va les tirailler. Seule solution pour échapper à ce régime forcé qui leur fait perdre de nombreux kilos: réussir les épreuves de confort. En tout cas celles où la récompense esy, chers amis, entendez-moi bien, oui, de la nour-ri-tu-re. Du jamais vu jusqu'ici. Un repas de rêve auquel ils songent toutes et tous. Et qui leur donnera la force, le lendemain, de se surpasser à l'épreuve d'immunité…

SUR LE MONT OLYMPE

Elle a la vie dure, la geste de cette télé-réalité vieille de vingt ans. Ce n'est pas pour rien que cette édition anniversaire a été baptisée Koh-Lanta la légende. Une version spéciale, peuplée de héros, comparables aux dieux et déesses de l'Olympe qui, par le passé, s'étaient tous distingués par leur courage, leur détermination, leur résistance ou, parfois, comme les dieux grecs, par leur capacité à concevoir des coups fourrés ou de Jarnac afin d'arriver aux portes de la victoire: tenir le plus longtemps possible sur des poteaux…

En 2021, comme d'habitude, les héros n'ont cessé de se dépasser au fil des épisodes, Claude et Teheiura confirmant l'aura qui les accompagne depuis leur entrée dans le programme. Deux êtres surhumains, mais à la fois tellement humains qu'ils sont comme transcendés, et désormais accompagnés de Sam, jeune demi-dieu en devenir. Et ce sans parler d'Ugo, Phénix qui ne cesse de renaître de ses cendres.

 LÎLE DE LA TENTATION

Et puis, voilà qu'alors que, un beau jour, le plus connu des Polynésiens se fait éliminer malgré lui et se voit contraint de rejoindre l'île des bannis, où l'animateur du programme le convoque en entretien singulier. Il lui faire alors avouer que, avec la complicité d'un ou deux pêcheurs du coin qui le connaissaient très bien (il a habité l'îlot d'à-côté), Teheiura a obtenu un peu de nourriture. Coup de tonnerre. Tremblement de terre. Scandale planétaire. L'idole tombe de son piédestal. Des membres de la production l'on vu réceptionner le Graal défendu et s'en délecter. La faute est indiscutable. Toutefois, ce n'est que lorsque le héros quittera l'arène du jeu suite à l'éviction de son binôme que l'on se décidera à le confronter à son méfait. Avec comme punition suprême non de le rayer du jeu (on ne se prive tout de même pas d'une vedette pareille), mais simplement en l'envoyant rejoindre les éliminés, qui constituent le jury final. Ainsi, on peut le garder à l'antenne…

Au moment où l'émission est diffusée sur TF1et le forfait enfin révélé, le Tahitien se voit interviewé par divers médias, et n'a pas sa langue dans sa poche. Il reconnaît le forfait mais confie aussi avoir partagé cette nourriture pirate avec quelques autres concurrents. Des noms circulent alors, et surtout ceux des divinités les plus admirées de l'émission. Bardaf l'embardée? Mais non, voyons. Ce ne sont que des on-dit, et là, il n'y a pas assez de preuves. Voilà pourquoi seul Teheiura aura été puni, et pas les autres. Ah bon, eux ils n'ont pas été vus par la production ? Ben non, Homère vous l'aurait dit: on ne peut pas tuer tous ses dieux à la fois…

LA TRAHISON DES CLERCS

Mais tout cela n'est rien à côté de la déflagration tombée sur la scène médiatique, comme par hasard juste avant la finale, qui a lieu ce mardi soir. Les petits compléments alimentaires du Tahitien ne sont que roupie de sansonnet à côté des banquets que plusieurs candidats se sont offerts à plusieurs reprises pendant le jeu, chaque fois après ces terribles conseils où les participants s'entretuent (virtuellement). Des buffets dans une pension tenue par des autochtones, tellement heureux de voir des divinités se sustenter chez eux qui n'hésitent pas à prendre des photos de ces ripailles maudites, et ce… avec l'assentiment de ces superhéros en pleine trahison. Des dieux qui, pour acheter le silence de ceux qui n'avaient pas été invités aux agapes, leur accorderont le droit de se partager les miettes de leurs festins.

Cette fois, une photo compromettante est parvenue à la production. On passe de "il n'y a pas fumée sans feu" à l'identification du pyromane. Toutefois, étrangement, la preuve irréfutable me parvient pas à TF1 le lendemain des faits, ni une semaine ou même un mois plus tard, le temps qu'elle traverse la moitié de la planète de Bora-Bora à, Paris. Non, c'est le père Noël des mers du Sud qui aura dû se charger du paquet-cadeau: la photo arrive chez qui de droit juste avant la finale (contre accusé de réception en monnaie sonnante et trébuchante?). Quoi qu'il en soit, il semble que la comète qui a jadis éliminé les dinosaures risque d'avoir fait moins de dégâts que cette révélation aussi opportune qu' (im)prévue. 

DES ACTEURS ET DES DIEUX

Voilà donc qu'on se rend compte qu'une partie des participants de cette édition de légende – et pas des moindres – n'étaient en fait que des "tricheurs". Pas des dieux, tellement emplis de leur statut, de leur grandeur et de leur mission qu'ils ne faillissaient jamais. Mais de simples pauvres hères, comme tout un un chacun sur cette pauvre terre. 

Simplement des braves candidats qui ont eu faim et étaient au bout du rouleau au cours d'une édition de l'émission, tournée si près de terres habitées que la tentation était irrésistible? Peut-être. Mais, surtout, des personnes si accoutumées aux conventions du genre "télé-réalité" qu'ils savaient qu'ils étaient là pour jouer un rôle, et endosser les habits personnage dont on les a affublés. Et qui n'avaient qu'à interpréter ce rôle tant qu'on criait "moteur" et que tournait la caméra. 

Les participants à Koh Lanta ne sont pas des dieux mais des acteurs qui, à ce stade de leur implication dans le programme, connaissaient tout des rouages de l'émission et savaient comment ils pouvaient les déjouer, et pourquoi ils avaient quasiment le droit de se le permettre. Parce que, sans eux, pas d'émission, pas d'épreuves, pas d'émotion, pas de tristesse, de larmes de joie ou de déception. Mais aussi pas de records d'audience, pas de beaux écrans de pub. Et, en fin de compte pas de grosses recettes pour TF1. 

Ils ont triché ? Pas grave. La prod était au courant? Pas grave. Le spectacle continue. The show must go on. Jusqu'aux portes de la finale. Pour faire tinter le tiroir-caisse tous les mardis. Juste avant la fin de la diffusion, quand même, on se dira qu'il est temps d'un peu lever le couvercle de la marmite. Comme on l'avait déjà fait, pour Teheiura. 

DU FICTIF QUI DEVIENT RÉEL

Un rebondissement est toujours une aubaine pour l'audience. Alors, si un scandale survient juste avant la finale, c'est le bonus assuré. Y aura-t-il un vainqueur? Touchera-t-il sa récompense? Comme cette dernière partie de l'épisode se déroule en direct, le suspens sera à son comble jusque tard dans la nuit. Jackpot! 

Ils sont vraiment des dieux de la télé commerciale, à TF1. Et les candidats mis en cause? Sont-ils des dieux déchus, ou de pâles marionnettes que la chaîne manipule à son gré? Ils ont en tout cas démontré que, dans Koh Lanta, tout était à la fois loin et proche la réalité. Loin, car les tricheries n'ont pas permis aux candidats d'être sur le même pied lors des épreuves, et ont fait jouer un rôle aux concurrents.  Proche, car finalement, au, diable le jeu, l'essentiel n'est-il pas de se nourrir?

 Comme François Jost l'avait si bien écrit, la télé-réalité se situe au milieu d'un triangle,  à équidistance d'un pôle "réel", d'un pôle "ludique"' et d'un pôle "fictif". S'il fallait un exemple de plus pour confirmer l'existence de cette triangulation, Koh Lanta La légende en aura fourni un hors du commun.

Frédéric ANTOINE

À la RTBF, on n'aime pas le cacao


Dans le deuxième épisode de la télé-réalité culinaire My Tiny Restaurant, sur Tipik, une partie de l'image du décor d'un des restaurants a été floutée en permanence. Et pas n'importe laquelle: celle d'une pub pour une marque bien particulière… 

 

D'accord, la télé-réalité culinaire My Tiny Restaurant est une émission comprenant du placement de produits. Pas besoin d'en faire un fromage: cela est annoncé dès le début du programme, en spécifiant que la marque qui sponsorise le programme est Bru. Mais est-ce une raison pour flouter l'image des autres marques apparaissant à l'écran? On pourrait le croire en regardant le deuxième épisode, où un des compétiteurs était l'équipe composée de deux jeunes femmes ayant l'idée de créer un resto de (petits) déjeuners. Comme l'impose le scénario de l'émission, celles-ci ont d'abord dû décorer elles-mêmes le container présent en studio, sensé représenter en plus petit ce que serait leur futur restaurant.

Fidèles à leur concept, les deux compétitrices avaient dessiné les plans du lieu, en prévoyant de placer, au fond du container, sur un mur de fausses briques rouges, d'anciennes publicités relatives au moment du (petit) déjeuner. Lors de la réalisation concrète, comme souvent, le projet a dû être adapté aux circonstances. Le fameux mur de briques a, sur sa partie droite, été décoré d'un tableau représentant un portrait de femme, tandis que le côté gauche a été orné de plusieurs de ces petites plaques émaillées reprenant des publicités anciennes, telles qu'on en trouve assez aisément dans les magasins de déco.

 
ANASTASIE AU RESTO
 
Belle idée. Sauf que, à l'image, la production a systématiquement flouté une de ces pubs. Pour répondre à la question posée ci-dessus, il ne semble pas que ce soit dû au "monopole" de placement de produit concédé par la RMB à Bru. Une des plaques émaillées visibles est en effet celle d'une antique pub pour Spa Monopole. Rien n'empêchait donc d'afficher une autre marque.

Pourtant, en haut à gauche, un rectangle est, dès la première image, resté flouté. Ce qui ne peut qu'intriguer le téléspectateur un peu curieux. Les deux compétitrices auraient-elles choisi une plaque émaillée pouvant heurter les bonnes mœurs, ou porter atteinte à un chef d'État étranger? La marque figurant sur la plaque est-elle interdite d'antenne sur la RTBF pour des raisons politiques ou stratégiques? Y avait-il péril pour le service public de laisser visible cet élément de décor?

 

Faisons donc un petit arrêt sur image (1). Comme le floutage n'est qu'assez sommaire, il n'est pas difficile de repérer que l'essentiel de l'objet du litige repose sur un fond jaune, sauf dans le bas du rectangle, où doit sans doute se trouver de l'écrit. Le milieu de la plaque est plutôt sombre, mais le hait comprend un peu de bleu et beaucoup de rouge. 

DES PUBS "HISTORIQUES"

Quand on parle repas du matin et (petit)-déjeuner, ça ne vous fait penser à rien? Bien sûr que si. À la fameuse publicité pour le Nesquik français, la boisson chocolatée comprenant de la farine de banane, créée en 1914 par le journaliste Pierre-François Lardet et un ami journaliste, après un voyage au… Nicaragua (2). Une pub représentant, dès 1915, un tirailleur sénégalais parfois jugé comme étant "d'opérette"',  affalé sous un arbre, dégustant cette boisson et, visiblement, la trouvant bonne. 

Cette pub s'est ensuite résumée à la représentation du visage d'une personne à la peau noire, affublée du chapeau du tirailleur sénégalais, tout sourire, et tenant à la main une cuiller comprenant le breuvage. Enfin, dans sa version la plus moderne, le visage noir a été stylisé, voire caricaturé (lèvres rouges, dents blanches, fond des yeux blanc), et cette fois le personnage tient une tasse blanche de la main gauche, d'où s'échappe le fumet du chocolat-banané chaud, tandis que de la droite, son pouce levé confirme son appréciation.

Laquelle de ces pubs occupait le mur du Tiny Restaurant? Sûrement pas la première, qui n'est pas sur un fond jaune, mais sur celui d'un paysage. Dans le cas présent, c'est sans doute la deuxième (on ne perçoit en effet ni trace de tasse, ni des deux mains du personnage).

La RTBF et la production ont donc considéré insoutenable que, à certains moments du programme, le fond de l'image soit en très petite partie occupé par une reproduction de cette publicité. Si notre analyse est bonne, ce n'est pourtant pas ce portrait sur fond jaune qui, à plusieurs reprises, été considéré comme une pub "raciste" lors d'analyses que l'on retrouve sur internet (3), mais bien la première version historique, celle de 1915. Mais voilà, au XXIe siècle, encore oser montrer la reproduction d'un pub historique de ce type est devenu inacceptable sur le service public.

Y'A BON LA CENSURE 

 On n'a pas vu les trois membres du jury s'offusquer de la présence de cet élément de décor. Lors du tournage, personne sur le plateau n'a jugé utile de décrocher ce petit objet émaillé de son mur. Et les deux candidates elles-mêmes ont, de bonne foi et sans intention colonialiste, choisi de placer cet élément dans leur décor. Pour que survienne le floutage, il y a donc eu par la suite passage d'un Grand Censeur, celui qui veille à ce que tout soit, toujours "correct" et que, à aucun moment, quelque chose ne puisse, sur les antennes publiques, choquer quelque téléspectateur que ce soit. Et ce personnage, que l'on appelait jadis Anastasie, a considéré que ce petit tableau,  dans un petit coin d'un petit container représentant un petit restaurant, était un objet de délit inacceptable. Il fallait donc agir.

Il va y avoir du boulot, sur la RTBF, pour censurer tout ce qui ne rentre pas dans la correct attitude. On va devoir engager. Et on se demande comment la censure interviendra hors des directs. Peut-être n'y en aura-t-il finalement plus. Tous les programmes seront en léger différé, et il y aura toujours en régie un censeur de service prêt à imposer le floutage de tout ce qui est insoutenable…

Frédéric ANTOINE

(1) (en réalité même pas nécessaire, avec un peu de succès on pouvait le voir dès la diffusion linéaire) 

(2)https://www.banania.fr/lhistoire

(3)http://francophonie.e-monsite.com/medias/files/banania-analyse-image.pdf,https://histoire-image.org/fr/etudes/y-bon-banania, https://histoire-image.org/de/comment/reply/15113



22 novembre 2021

VOO passe à l'Orange. Echec pour l'ogre Telenet


Orange Belgium, filiale d'Orange France, a réussi à mettre VOO dans son portefeuille (ou est en tout cas en bonne voie de le faire). Telenet, qui escomptait s'étendre sur tout le marché belge, rate le coche : VOO ne l'a pas choisi. La télédistribution francophone ne deviendra pas flamando-américaine mais française. Une légère différence.

Orange, en France, c'est l'équivalent de Proximus en Belgique. L'entreprise est l'héritière de France Télécom, elle-même fille des augustes PTT, comme Proximus est le rejeton de Belgacom, elle-même fille de la RTT. A l'heure actuelle, Orange appartient encore pour 24% à l'Etat français (en ligne directe et via Bpifrance Participations [1]). L'Etat belge, lui, possède toujours aujourd'hui 53% du capital de Proximus.  L'arrivée d'Orange Belgique chez VOO laisse donc ce câblo-opérateur dans des mains en partie publiques. En ce sens, VOO ne se défait pas complètement de son profil historique. Née comme une intercommunale, elle finit comme un des avoirs d'une entreprise de télécommunications partiellement publique.

CORNET ET ECRANS PUBLICS

Morphologiquement, Orange est plus proche de Proximus Pickx que de VOO. Cette dernière est née en tant que câblodistributeur à Liège, où l'ALE posait son câble sur les façades afin d'accroître l'offre télévisuelle. Orange, tout comme Pickx, a son origine dans un autre câble, bien plus ancien : celui du téléphone. Orange chez VOO, c'est donc un peu le mariage des deux câbles de la communication : celui du combiné qui trônait dans le couloir d'entrée, et celui de la télé qui régnait sur le salon…

Si Telenet avait remporté la mise, VOO ne serait pas tombée dans une escarcelle où l'Etat a encore un mot à dire. Cette entreprise, elle, n'a rien de publique. Elle est essentiellement possédée par le groupe américain Liberty Global, qui détient 58% de son capital. Choisir cet opérateur aurait en quelque sorte, signifié vendre un "joyau" économique belge de plus à une multinationale yankee pour laquelle notre petit pays de 30.000 kilomètres carrés ne représente pas grand-chose. Et ce même si, en Europe, Liberty Global est plutôt présent sur de petits marchés.

SCHILD EN VRIENDEN

Ne pas avoir d'absorption de VOO par Telenet permet aussi de ne pas mettre l'entreprise dans des mains flamandes, mais françaises. Pour une société qui opère essentiellement sur le marché francophone belge, la différence est de taille. Dans l'univers de Telenet, VOO aurait risqué de n'être considéré que comme un complément du marché flamand dominant, plus riche et plus prospère en comparaison de la "pauvre Wallonie". Un marché flamand où Telenet detient déjà de nombreuses cartes maîtresse puisque, rappelons-le, la société américaine n'est pas que câblo-opérateur. Elle est aussi, notamment, propriétaire de plusieurs chaînes de télévision privée flamandes (Vier, Vijf, Zes…) et de la boîte de prod Woestijn Vis, réalisant ainsi le rêve des entreprises Telecom de n'être pas seulement pourvoyeuses de "tuyaux" de télévision, mais aussi de contenus. 

Avec Orange, on se retrouve davantage entre soi. Comme au temps où la pay tv francophone belge Cana+ Belgique était majoritairement contrôlée par Canal+ France, filiale de Vivendi. En France, Orange est un opérateur important, dont le câble n'est pas qu'un simple vecteur des chaînes de télévision que l'on peut capter par la TNT. L'offre de l'entreprise, qui repose sur une transmission des contenus via le câble téléphonique (comme Proximus Pickx), est abondante, plutôt diversifiée. Et avec de nombreuses offres d'abonnements à des contenus variés. On peut supposer que l'opérateur appliquera l'équivalent de ses offres françaises au marché belge. Mais, tout comme avec Telenet, il y a de fort risques qu'il considère le petit univers francophone belge comme un simple complément de son immense marché français. Un peu à l'image de TF1, qui ne s'est installée en Belgique que pour y pomper une partie de la manne publicitaire, mais en ne se préoccupant pas d'offrir aux Wallons et aux Bruxellois autre chose que ses programmes français…

A CONTRE-COURANT

Le rachat de VOO par Orange, enfin, représente une sorte de contre-tendance dans le monde des mouvements d'acquisitions qui touchent aujourd'hui les médias. A l'image du rachat de RTL Belgium par deux éditeurs belges afin de consolider leur marché et tenter de créer ainsi une forteresse pour éviter les assauts des GAFAM, une absorption de VOO par un acteur belge eut représenté la même volonté de l'entreprise repreneuse de consolider sa position face à l'ennemi (mais Telenet en a-t-il besoin, si forte étant sa position en Flandre ?). 

Le passage à la France, c'est le retour à l'internationalisation. Mais aussi à la soumission de la Belgique francophone à son grand voisin, dont elle est culturellement si proche. Alors que vaut-il mieux : être le vassal des USA, ou celui de la France ?

Frédéric ANTOINE.


[1] Bpifrance Participations intervient en complément de l'Etat français. Cette société est elle-même détenue à50 % par l'État via l'EPIC BPI-Groupe et à 50 % par la Caisse des Dépôts, autre bras de l'Etat français.

09 novembre 2021

JT du soir: retour à audiences as usual

 Finis les sommets: l'audience des JT du soir des deux chaînes belges est rentrée dans les clous d'avant covid. Les chiffres de la rentrée 2021 confirment ceux de 2019, loin de l'envolée connue en octobre 2020 lors du 2e confinement…

Avec, pour RTL, une audience/jour moyenne de 481.000 personnes en septembre  et de 513.000 en octobre, et pour la RTBF de 462.000 et 488.000, les JT de 19h et 19h30 se retrouvent dans le même créneau que ceux de l'avant covid de l'automne 2019. Les emballements rencontrés en octobre-novembre 2020, suite logique des pics connus en mars-avril de la même année, ont disparu. L'actu n'est plus à l'anxiété covid. Le téléspectateur se fait donc moins pressant, par conviction ou par indigestion.

En gris sur le graphique ci-dessus, les audiences 2020 sont, à partir de début octobre, sans commune mesure avec celles et de 2019 et de 2021. Alors que l'an dernier les chiffres s'envolent au fur et à mesure qu'un nouveau confinement s'annonce, rien de tel évidemment avant la pandémie, mais pas non plus cette année. Pour être fidèles aux mouvements pendant les jours de la semaine, les audiences ont été positionnées selon ce critère (ce qui permet notamment de confirmer que, en 2019 comme en 2021, le jour à l'audience la plus faible est incontestablement le samedi, ce qui n'est que partiellement vrai l'an dernier).

Le graphique confirme aussi la proximité de l'audience audiences des deux JT, même si, comme d'ordinaire, le 19H de RTL précède en général quelque peu le 19H30 de la Une.



Si l'on regarde la situation chaîne par chaîne (on peut cliquer sur le graphique pour mieux le voir), la proximité entre 2019 et 2021 paraît plus marquée pour RTL que pour la RTBF, où les résultats de 2021 semblent légèrement meilleurs que ceux de 2019. Ce que confirme la mesure de la différence de volume du public des deux émissions.

Pour RTL, l'audience est fréquemment plus élevée en 2019 (“+2019” sur le graphique) qu'en 2021.

 

Pour la RTBF, la situation est à l'opposé: l'audience est fréquemment plus élevée en 2021 (“+2021” sur le graphique) qu'en 2019, et les hausses sont plus marquées cette année que pour RTL.

Un nouveau rebond de la pandémie amènerait-il les téléspectateurs à se rassembler à nouveau en plus grand nombre devant leurs grandes lucarnes?

Frédéric ANTOINE


30 octobre 2021

LN24 ou LB24?

Ainsi donc, LN24 a entamé des négociations avec IPM afin que cette entreprise en devienne, à terme, l'actionnaire de référence.
Face à Rossel, l'opportunité était trop belle. Mais être la chaîne infos d'un groupe de presse ne modifiera-t-il pas le profil et la légitimité de LN24?

 

 

Parce qu'on fait de la presse, est-on le mieux placé pour devenir aussi un acteur dans le secteur de l'audiovisuel? La question, posée cet été lors de l'annonce du rachat de RTL Belgium par Rossel et DPG, s'applique aussi aux informations actuelles concernant les négociations en cours entre LN24, dont l'état des finances réclame un sauvetage urgent, et le groupe IPM, qui a déjà racheté l'an dernier les Éditions de l'Avenir. Et, à l'analyse, la réponse que l'on a tendance à donner est que, finalement, il n'est pas sûr que les deux métiers soient intimement si proches…

DU JOURNALISME

Approfondissons donc un peu le questionnement : est-ce parce qu'on édite des journaux que l'on peut, aussi, éditer de l'info sous forme de chaîne all news? Là, l'interrogation vise directement IPM et non plus Rossel. L'info ne constitue en effet qu'une des composantes de la nébuleuse RTL Belgium, même si elle y joue un rôle essentiel en termes d'audiences. Alors que, si IPM devient bien le pilote de LN24, ce n'est pas une banale chaîne de télévision privée que le groupe de la rue des Francs mettra dans son escarcelle. Mais bien l'équivalent, en audiovisuel linéaire, de ce que l'entreprise produit déjà sous forme web et papier, c'est-à-dire du journalisme. Et rien que du journalisme.

IPM aurait donc fait le choix le plus rationnel. Plutôt que de s'emmêler les pinceaux dans la gestion du fatras d'offre de programmes que recouvre l'univers de la télévision, l'éditeur de La Libre et consorts a ciblé sa proie et est resté dans son secteur. Une stratégie prudente, que le groupe n'a pas toujours suivie (1), mais donc plutôt prometteuse. Certes, mais à condition que l'on considère que diffuser de l'information télévisée en continu n'est pas différent d'éditer des nouvelles en ligne et, surtout, de produire des contenus journalistiques qui sont, d'abord, de nature écrite. 

MULTIMÉDIATIQUE 

On imagine aisément le rêve de convergence qui entoure le rapprochement prévu: demain, les rédactions d'IPM seront forcément multimédias et nourriront autant les écrits édités que des supports plurimédiatiques en ligne et qu'une chaîne de télévision. DPG est déjà passé à la rédaction intégrée entre ses titres de presse, ses sites web et ses stations de télévision. Les responsables de Rossel ont déclaré que, jusqu'à présent, cette intégration ne serait pas à l'ordre du jour dans le cadre de leur rachat de RTL. IPM, lui, sautera inévitablement le pas.

La logique économique du groupe est, à chaque rachat, de réaliser davantage d'économies d'échelle. Après les rapprochements rédactionnels entre La Libre et la DH,  l'absorption de L'Avenir est déjà en train de s'inscrire dans la même tendance de rationalisation. Récupérer LN24 ne devrait pas être différent. Il ne faudra pas longtemps pour que l'exploitation multimédiatique devienne la règle numéro un dans tous les médias de IPM. Ce qui imposera de recruter des journalistes au profil kaléidoscopique, et donc acrobatique, dont ne dispose pas (encore) tout le personnel de l'entreprise. Ce qui entraînera un surtravail évident pour tous les journalistes qui, non contents de traiter leur info pour les sites web, les réseaux sociaux et les titres de presse, seront aussi amenés à le faire pour la télé, voir à les présenter eux-mêmes à l'écran, avec télégénie. Tout cela alors que certains médias sont plus chronophages que d'autres et que, même avec toutes les bonnes volontés du monde, les journées n'ont tout de même que 24h.

CHANGEMENT DE CAP

Si le fantasme de la multimédiation semble bien planer sur les projets de rapprochements entre IPM et LN24, pourquoi cet éditeur de presse n'a-t-il pas de longue date procédé de la même manière dans l'autre branche de l'audiovisuel où il a investi de longue date, c'est-à-dire celle de la radio? Si, à l'origine, la radio d'IPM affichait quelques rapprochements entre les rédactions du groupe et ce média sonore, force est de constater que, depuis longtemps, ce qu'est devenu DH Radio n'a plus rien d'une radio all news. Elle est essentiellement un "robinet à musique", de mieux en mieux formaté, simplement ponctué de discrets flashs de nouvelles. On ne peut éviter de rappeler ici que, lors de l'octroi des dernières autorisations de radios privées en FWB, le CSA avait recalé IPM et lui avait préféré un projet… de radio all news proposé par… LN24. Les démêlés judiciaires qui ont suivi ont fini par laisser DH Radio exister (ce qui a permis à LN 24 de ne pas devoir lancer une radio en plus de gérer son antenne tv 24h/24). Mais cela n'a pas fait de DH Radio un produit davantage all news. Alors, pourquoi remettre le couvert en télévision? (2)

 QUI PERD GAGNE?

Son pilotage par IPM sauvera-t-il le soldat LN24? Quoi qu'il arrive, il coûtera toujours plus cher de produire de l'info all news en télévision que de la coucher sur le papier et de la diffuser en ligne. LN24 risque de rester un fameux gouffre à millions. Bien sûr, la station vise, comme La Libre, les CSP+, théoriquement porteurs sur le plan publicitaire. Mais, dans un marché qui n'est pas extensible, ces recettes permettront-elles de mener la chaîne à l'équilibre sans de drastiques économies, et sans son absorption pure et simple par les médias d'IPM?

Un éventuel pilotage de l'attelage LN24 par IPM aura au moins un effet positif: il permettra aux fondateurs de la chaîne de s'accorder quelques temps de vacances, en ne devant plus être obligés de tenir l'antenne à peu près à eux tout seuls 7 jours sur 7. Mais, à part (et temporairement) de l'argent frais, qu'y gagnera la station? LN24 a une image d'indépendance, de "troisième voie/x" dans un univers francophone où ce que les ministres appellent "le pluralisme de l'audiovisuel" se limite en fait à un duopole. Le gros avantage de LN24 était de n'appartenir à aucun clan, à aucune chapelle. Et à aucun groupe. Demain, comme le suggère le titre de ce texte, elle pourra tout autant se dénommer LB24 que LN24. Perdant de sa jeunesse et de sa spontanéité, la chaîne d'infos ne sera plus qu'un pion, peut-être un simple sous-produit, au sein d'un groupe médias dont la taille aura crû à une vitesse quasi exponentielle. Stratégiquement, IPM se confère ainsi fièrement une allure de troisième groupe médias de la FWB, face à Rossel et à la RTBF. Mais que restera-t-il de la tentative originale de faire, contre vents et marées, une télévision all news indépendante dans la petite Belgique francophone? 

Frédéric ANTOINE.

(1) Cf. les investissements de IPM dans les paris sportifs en ligne et les agences de voyage de luxe, par exemple.

(2) On ajoutera que, avant de s'offrir RTL Belgium, Rossel avait racheté la plupart des réseaux de radios provinciales de FWB, qu'il vient d'arrimer à Sud Info. Rien de tel chez IPM.

28 octobre 2021

Koh-Lanta: la légende qui s'effrite


La diffusion de l'édition des vingt ans de Koh-Lanta, débutée fin août et baptisée « La Légende », est passée du vendredi au mardi. Ce qui n'a pas vraiment boosté l'audience en direct. Mais, même avec le replay, ce Koh-Lanta-là convainc moins les téléspectateurs. En Belgique comme en France.

« Record d’audience pour « Koh-Lanta » malgré le changement de jour de diffusion », titrait le Soir Mag le 25/08 (1). Koh-Lanta expliquait le magazine, « n’a pas seulement monopolisé les records d’audience du mardi soir, l’émission a aussi atteint certains de ses objectifs dès le lancement. » L'article, qui se basait surtout sur les chiffres français, analysait la situation très particulière d'une diffusion le mardi… en période de vacances scolaires. A la rentrée, on a un peu déchanté. Ce que n'a pas manqué d'analyser la presse, en tout cas celle de l'Hexagone. La situation en Belgique a été moins étudiée.

En France, le public de l'émission de télé-réalité a dégringolé dès le début septembre, et s'est ensuite stabilisé autour des 4 millions de téléspectateurs, alors qu'il en comptait 5,5 millions le 24 août. En Belgique, les volumes d'audience sont plus de 10 fois inférieurs à la France, mais là aussi l'audience a chuté dès le début septembre, confirmant qu'entre le mardi et le vendredi, il n'y a pas tout à fait photo. Mais, chez nous, l'audience est remontée ensuite graduellement, tant et si bien que les scores des derniers épisodes réduisent l'écart avec ceux de fin août, ce qui n'est pas le cas chez nos voisins. La désaffection du mardi ne touche en Belgique qu'une petite part du public, et celui-ci semble revenir au fil des semaines (un peu plus de 240.000 spectateurs depuis le 12 octobre).
 
REPLAY, PLEASE

Ce visionnement en direct ou presque (ce que le CIM appelle le J+1), ne représente toutefois qu'une partie du total du public de l'émission. Les comparaisons J+1 et J+7 sont éloquentes à ce propos.
Une proportion massive du public choisit de ne pas regarder l'émission lors de sa diffusion linéaire, mais en différé. Les deux courbes du graphique ci-dessus ne couvrent pas la même période, car le CIM met une quinzaine de jours à publier (2) les données J+7. Néanmoins, sur les semaines où la comparaison est possible, les tendances sont claires.
En moyenne, 44% de l'audience belge du programme le regarde entre J+2 et J+7 après sa diffusion linéaire. Comme le montre le graphique ci-dessus, ce pourcentage de consommation fortement différée était inférieur à 40% en août, mais a atteint les 50% début septembre. Ce qui permet à Koh-Lanta La Légende d'afficher, sur la période mesurable, une audience totale moyenne de plus de 425.000 personnes, sans commune mesure avec l'audience du moment de diffusion.
 
PAS SI LEGENDE QUE CELA
 
Pour autant, l'audience finale de ce Koh-Lanta est-elle aussi légendaire que son intitulé l'indique? Pas vraiment. « La légende » n'atteint pas les scores du premier Koh-Lanta de l'année, celui des « Armes secrètes » . Du moins sur la partie comparable des deux programmes jusqu'à l'heure actuelle (3).
En audience belge linéaire ou presque (J+1), l'édition du printemps dépasse clairement celle de l'automne. L'audience moyenne de « Les armes secrètes » est proche des 350.000. Celle de « La Légende » n'est pas à 250.000. Près de cent mille spectateurs linéaires ont disparu. Et, si l'on compare au niveau de l'audience J+7, la différence aussi est manifeste : sur l'ensemble des épisodes comparables, le J+7 réunit en moyenne 101.000 spectateurs de plus par semaine pour « Les armes secrètes » que pour   « La Légende ».
Toutefois, comme le montre le graphique, pour « La Légende », ce gap se réduit au fil du temps. Si cette tendance se confirme, l'avantage d'audience totale de l'édition de printemps pourrait bien disparaître, fruit d'une évolution contraire à celle d'automne. Au printemps, l'audience totale a chuté au cours des semaines, passant de plus de 560.000 à moins de 450.000. Alors que celle de l'édition d'automne présente jusqu'à présent une pente en légère croissance.

UN (BON) SIGNE ?
 
Le passage au mardi a fait perdre des plumes à Koh-Lanta, mais en Belgique pas en grand nombre. Et celle-ci tend à être plutôt bien comblée par l'audience non linéaire, qui représente les nouveaux modes de consommation de bon nombre de programmes de télévision. De quoi ne pas inquiéter TF1 donc ? Sauf sur un point: on sait combien, jusqu'à présent, la consommation délinéarisée permet de se libérer des contraintes des écrans publicitaires. Alors que, en linéaire, on est toujours obligé de les absorber. Une bonne nouvelle ? Pas tout à fait sûr…

Frédéric ANTOINE.






(1) https://soirmag.lesoir.be/391215/article/2021-08-25/record-daudience-pour-koh-lanta-malgre-le-changement-de-jour-de-diffusion

(2) … Avec des erreur de datation problématiques…

(2) Les choses changeront peut-être par la suite car Koh-Lanta les armes secrètes n'a eu que 13 épisodes, alors que l'édition des 20 ans devrait en compter 16.

21 octobre 2021

CAP 48, La (petite) opération qui monte. Le Télévie…

Les éditions 2021 de Cap 48 et du Télévie ont confirmé les tendances que nous pointions déjà l'an dernier (1): Le Télévie s'essouffle, et Cap 48 continue à grimpoter d'année en année. 

Il y a un an, notre analyse des résultats des opérations de solidarité des deux grands opérateurs audiovisuels belges francophones se concluait par une interrogation: après un an de covid, 2021 allait-il signer un retour aux scores antérieurs à la pandémie, ou les tendances repérées cette année-là étaient-elles durables? Les résultats de 2021 tendent plutôt à répondre dans le sens de la deuxième hypothèse. Alors que, du côté de RTL Belgique, on avait affirmé que ce que le Télévie avait produit en 2020 était de l'ordre de l'épiphénomène, cette année s'inscrit plutôt dans la suite de l'«accident industriel» vécu précédemment. 

Pour rappel, l'an dernier, confinement covid oblige, la clôture du Télévie n'avait pas eu lieu en avril, comme d'ordinaire. L'opération avait été poursuivie jusqu'en septembre, ce qui avait permis sinon de combler, du moins de donner moins d'impact à la perte des recettes d'une partie des événements caritatifs initialement prévus. Les rentrées du Télévie avaient alors chuté de plus de 2 millions € par rapport à l'année précédente. Tout le monde s'en doutant, la soirée de clôture s'était déroulée dans l'intimité, au sein même de RTL House, et dans une ambiance plus mortifère qu'enthousiaste.

Mais, jurait-on du côté de RTL, ce n'était là qu'un incident de parcours, interrompant la longue série des dépassements de scores historiques célébrés chaque année. On imaginait alors 2021 rentrer dans les clous, avec une soirée de clôture en avril. Fin octobre 2020, la direction de l'opération annonçait toutefois que la finale de l'opération 2021 aurait également lieu en septembre, afin de permettre aux comités de planifier au mieux leurs activités (c'est-à-dire sur 12 mois et non sur six) (2).

Las. Au soir du 18 septembre 2021, on peut pas dire que l'opération de la chaine ex-luxembourgeoise ait réussi à conjurer le sort. Avec 10.617.189€, l'édition de cette année est quasiment au même stade que celle de 2020. Le Télévie 2021 réalise un score de 70.000€ plus élevé à peine que l'année précédente, soit 0,7% de mieux que lors de «l'année de la covid». Certes, la période octobre 2020-septembre 2021 n'a pas été totalement un long fleuve tranquille, mais la situation vécue alors n'a pas été comparable à celle de mars-juin 2020.



A contrario, Cap 48, qui n'a jamais atteint des résultats comparables à ceux de son concurrent, a pour sa part réalisé une nouvelle fois une année meilleure que la précédente (ce qui était aussi le cas en 2020). Avec plus de 7,6 millions €, l'opération de la RTBF dépasse de plus de 860.000€ son score de l'an dernier. 

Tout le monde n'a pas gagné

 D'un côté, RTL TVI se retrouve en 2021 avec une somme récoltée quasiment équivalente à celle qu'elle avait engrangé six ans plus tôt, en 2016. De l'autre, la RTBF augmente sur la même période son résultat de plus de 2,7 millions €. 

Les raisons de cette différence d'évolution peuvent-elles être uniquement liées à la crise de la covid-19? Ne doivent-elles pas être cherchées ailleurs? L'usure ne s'est-elle pas emparée du Télévie et des comités qui le portent? Le Télévie repose sur des piliers de personnes engagées qui semblent inamovibles, mais il est évident que ce type de situation peut finir par rouiller la machine.

La situation interne à l'entreprise, en pleine interrogation sur un avenir à propos duquel rien ne perce depuis le rachat par DPG-Rossel, pousse-t-il le personnel à manifester le même enthousiasme que par le passé? Sur l'écran lors de la soirée de clôture, cette fois en public et à l'image des années avant-covid, cela n'apparaissait en tout cas pas. Il y avait même un peu plus de retenue du côté de Cap 48, un côté «private joke» entre l'animateur principal et le parrain de la soirée qui n'est pas transparu de la même manière chez RTL.

Ou alors, peut-être sont-ce les causes défendues et promues, et en particulier les grandes causes, qui tendent désormais moins à mobiliser, tandis que les questions de malheurs et de souffrances se rapprochent ces derniers temps plus de chacun. Ce que chacun met derrière «solidarité» est aussi peut-être aussi en train de changer, comme l'ont démontré les actions qui ont suivi les inondations de cet été.

Agir dans la proximité de son chez soi ? Ou soutenir la recherche, en lutte contre la mort qui rôde ?

 

Reste que, petit à petit, le gap entre le score de RTL et celui de la RTBF se réduit, alors que l'acteur privé semblait disposer devant lui d'un immense boulevard lié à la lutte contre les cancers, et que l'opérateur public veillait «seulement» à rendre plus vivable l'existence de ceux que le handicap avait touchés.

Petits comités

Reste aussi que, quoiqu'on fasse, les opérations de solidarité de ce type ne réaliseront jamais les scores d'audience des grands événements et des grandes causes mondiales, comme si ces émissions ne rassemblaient d'abord que celles et ceux qu'elles concernent, et non la diversité du large public. Les résultats du CIM sont éloquents à cet égard.

Et révélateurs: cette année, la soirée de direct et de récolte de «promesses de dons» qui clôture les deux opérations  n'a, comme d'ordinaire, pas duré autant de temps. Sur le service public, on mettait la clé sur le paillasson à 23h40. Sur RTL, on jouait les prolongations. Mais les deux programmes ont rassemblé… un même nombre de téléspectateurs: autour des 200.000 seulement. L'an dernier, RTL était bien plus bas que ce chiffre, et la RTBF plus haut…

Le nouveau mode de communication des résultats CIM, plus discret qu'auparavant, ne permet pas de convertir ces données en PDM. Dommage…

Frédéric ANTOINE


(1) https://millemediasdemillesabords.blogspot.com/2020/10/la-revanche-de-cap48.html
(2) https://televie.be/le-18-septembre-2021-la-date-de-la-soiree-de-cloture-du-televie/


08 juillet 2021

DPG-Rossel: la raison cachée du deal de la décennie ?

 N'y aurait-il pas un enjeu caché derrière le rapprochement de Rossel et DPG dans le dossier RTL Belgium? Si tel était le das, celui-ci pourrait s'appeler IP Belgium. Une poule aux œufs d'or dont personne ne parle, mais qui peut expliquer bien des choses.
 
IP Belgium est une filiale à 99,9% de RTL Belgium. On ne cite quasiment jamais son nom dans le dossier du rachat du RTL Belgium, comme si "l'important", économiquement parlant, se trouvait du côté des chaînes de télévision et de radio. Or, d'un point de vue financier, la régie IP est bien plus intéressante que sa société mère.
 
Ces dernières années, IP a généré entre huit et dix millions d'euros de bénéfice par an. La moyenne annuelle du solde positif de la régie entre 2004 et 2020 est de 8.397.211 €. Comme le montre le graphique ci-dessus, ses résultats étaient plus élevés avant 2017 qu'après cette date. Cette année-là, les responsables de RTL Belgium ont en effet décidé d'arrêter la branche "magazines" des activités de la régie et l'ont recentrée sur l'audiovisuel. Ce choix a réduit le boni mais a tout de même permis à IP de rapporter encore pas mal d'argent (voir ci-après). Par ailleurs, chose combien appréciable et imprévue, 2020, année de tous les dangers suite à la covid, ne s'est pas trop mal terminée. IP a l'an dernier engrangé un bénéfice de plus de 7,29 millions €. Pas mal!, comme s'en sont eux-mêmes félicités les patrons de l'entreprise, rendant hommage au rebond d'achat d'espaces pub survenu en novembre et décembre 2020.
 
Pas comme RTL
 
Pas mal aussi au regard des résultats de RTL Belgium en tant que telle. En moyenne annuelle entre 2014 et 2020, la société belgoluxembourgoallemande avait produit un bénéfice de 5.457.275 €, et ce surtout grâce aux résultats des années 2014-2017. Depuis lors, le boni annuel de l'entreprise est en chute libre, malgré un léger rebond en 2019, dû aux "allègements" de charge en personnel produits par le plan Evolve.
 
La comparaison entre les bonis produits par les deux acteurs du paysage médiatique est frappante (1). Et explique ce que le rachat de la société mère et de ses filiales peut susciter comme intérêt. 
 

Si l'on cumule les bénéfices des deux entreprises, la part de IP dans les bénéfices gérés manifeste son importance. Sur la période 2014-2020, elle représente nettement plus de 60%, et cette proportion croît au fil des années pour atteindre 80% en 2020.
 
Dominant sur le marché
 
La situation de IP est incomparable par rapport à celle de RMB, la régie liée à la RTBF. Par rapport au bras publicitaire de RTL Belgique, celui de l'opérateur public est un petit poucet, au moins en ce qui concerne les bénéfices générés.
 
 
 
Si l'on cumule les bénéfices des deux régies, la part du total occupée par IP se situe ces dernières années entre 80 et 90%. Entre 2016 et 2020, le boni annuel moyen dégagé par la régie de l'opérateur publique n'atteint pas le million €. Le bénéfice de IP est près de 8 fois plus important. En 2020, la différence entre les apports des deux régies est plus forte encore puisque, contrairement à la régie de RTL, largement bénéficiaire, celle de la RTBF a, elle, été déficitaire. Ce qu'elle n'est d'ordinaire jamais, évidemment.

Dans le même tiroir
 
Le périmètre des activités de la RMB, plus étroit que celui de IP explique en partie cette situation, et ce même si le champ de cette dernière a, lui, aussi été réduit à l'audiovisuel en 2017 (2). Le petit organigramme ci-dessous permet de mesurer l'ampleur de la variété des supports pour lesquels IP peut prospecter et proposer du placement publicitaire. RTL n'est pas, et de loin, le seul client de IP. En télévision, le pari d'être aussi la régie de TF1 et de TMC permet de faire tomber dans la caisse de RTL Belgiqque les recettes perdues par TVI et consorts et venant de la pub sur les chaînes françaises. Idem en radio: lorsque Nostalgie dépasse les radios de RTL en audience, no problemo pour RTL Belgique. La radio "oldies" étant aussi dans le portefeuille de IP, les recettes ne provenant pas de Bel et allant à Nostalgie restent dans le même tiroir…

Non content de ratisser large en francophonie, IP est aussi présent, en radio, du côté flamand. Même si son rayon d'action est plus réduit en Flandre, la régie peut donc être considérée comme bicommunautaire, ce qui a dû plaire à DPG, qui gère déjà la pub sur les réseaux privés de radio qu'il possède. Avec le rachat de RTL, le voici aussi indirectement à la manœuvre pour d'autres réseaux et radios flamands, dont Nostalgie et Family Radio. De quoi contrôler une bonne part le marché.
 
Poule wallonne ou coq flamand?
 
Posséder IP constitue donc bien un des enjeux du rachat de RTL Belgium. A la fois par l'important retour sur investissement que la régie fournit à ses propriétaires, mais aussi par l'apport qu'elle fournit à DPG dans le cadre de sa domination des médias audiovisuels en Flandre. 
L'avenir déterminera si le deal de la décennie ne vise pas à déplumer cette poule aux œufs d'or au profit d'un coq de poulailler flamand, plus imposant encore. Ou si l'intention est simplement de rendre la poule IP toujours plus productive, tout en la laissant pondre comme sans lui tordre le cou.

Frédéric ANTOINE.
 

(1) Nous nous permettons cette comparaison car, dans les comptes de RTL Belgium tels que déposés à la BNB, rien n'indique que ceux-ci sont consolidés, contrairement à ceux d'autres acteurs du paysage médiatique belge, comme Rossel par exemple.
(2) Mais on doit noter que la RMB a dans son portefeuille quelques sites liés à des organes de presse magazine, comme Paris-Match.be, par exemple. 


 


03 juillet 2021

DPG : FALLAIT-IL SAUVER LE SOLDAT RTL?

Mais qu'est venu faire l'ex-Persgroep dans la galère du sauvetage de RTL Belgium? Une interview des auteurs du "deal média de l'année" publiée L'Echo (1) lève un léger coin du voile. Mais laisse pantois à plusieurs points de vue, et notamment sur ce qui y dit du public de Belgique francophone. Etonnant.

 Le journal L'Echo (2) publie ce samedi 3/6 une intéressante interview croisée des "patrons" (3) de Rossel et de DPG qui y déclarent, dès le titre, qu'ils discutaient d'alliances "bien avant l'arrivée du dossier RTL". On supposera toutefois que ce "bien avant" ne remonte pas à de nombreuses années. Et en tout cas pas à octobre 2017 lorsque, lors d'un grand deal (encore un) entre groupes de presse flamands, Roularta avait cédé ses parts dans Medialaan au Persgroep, qui devenait le seul propriétaire de cette entreprise de médias audiovisuels, mais acquérait les 50% de Mediafin dont disposait le Persgroep. Rossel était en effet alors au balcon d'une transaction qui le faisait changer de partenaire au sein de la société éditrice de De Tijd et L'Echo, dont il était coactionnaire avec le Pergroep depuis 2005. Mediafin s'était alors créé sur base d'une joint-venture entre les éditeurs Uitgeversbedrijf Tijd (De Tijd) et Editeco (L’Echo) (4), constituant ainsi un des seuls ponts transcommunautaires dans le monde des médias belges. Rêver d'alliances alors qu'on laisse tomber son partenaire dans une joint-venture paraît plutôt étrange…

Une vieille amitié

Sans doute donc les idées de projets communs entre DPG et Rossel sont-elles tout de même plutôt récentes. Et ce même si les deux patrons disent se fréquenter de longue date. "On se connaît depuis plus de 40 ans, avant qu’il ne rencontre sa femme et entre dans le secteur des médias il y a 20 ans", déclare le patron de DPG dans l'interview, celui de Rossel précisant que cela s'était passé à Knokke "dans un bar ou au bord de la mer en faisant de la voile". La création de Mediafin, quelques années seulement après l'arrivée du patron de Rossel à la tête de l'entreprise, n'était donc peut-être pas due au hasard, mais bien à un jeu de relations. On notera que ce petit commentaire permet aussi à l'ex-CEO de DPG de rappeler qu'il n'y a que vingt ans que son alter-ego est dans le monde de la presse (5), alors que lui est tombé dedans quand il était petit (6). Et laisser comprendre que ce n'est que par sa femme, héritière Hurbain de l'empire Rossel, que l'actuel patron du groupe est entré dans le secteur de la gestion des médias…

S'ils se connaissent, on ne sait toutefois si, en vingt ans, les hommes se sont vraiment beaucoup fréquentés. Le coup de jarnac du départ de Mediafin peut laisser quelques doutes à ce propos. On sait que, dès le rachat par le RTL Group des parts d'Audiopresse dans RTL Belgium, le patron de Rossel n'avait pas caché être intéressé par un autre type de présence dans l'actionnariat de l'entreprise. L'interview confirme aussi que c'est bien lors du constat du stand alone auquel était réduit RTL Belgium que l'idée d'un rachat s'est matérialisée. Mais impossible de savoir ici comment et quand est surgie l'idée d'y associer l'ex-Persgroep. D'autant que, comme on l'a déjà écrit, les choix récents de DGP n'étaient pas vraiment de s'intéresser à la petite Belgique francophone, mais plutôt aux Pays-Bas où il règne en maître (7).

Pub

"On a remarqué que l'on pouvait apporter notre expertise à RTL Belgium, avoir une valeur ajoutée", déclare le président du comité exécutif de DPG. Une information digne d'intérêt, car elle confirme bien que l'entreprise flamande n'entend pas rester en retrait de l'opération et compte jouer un rôle déterminant, au moins dans l'avenir de RTL Belgique. Et ce même si, dans cette interview, la notion de "géant belge de l'audiovisuel privé" n'est prudemment pas employée par les interlocuteurs, alors que c'est ainsi que le rachat de RTL Belgium a été présenté lundi dernier. Et l'ex-CEO de DPG d'ajouter: "De plus, les annonceurs en appelaient au changement dans le sud du pays - un tout autre marché - fort d'un désir d'une offre digitale conséquente en matière de vidéo". Cette phrase un peu sibylline est suivie, quelques lignes plus bas, de précisions du patron de Rossel sur les synergies envisagées dans le secteur publicitaire. Rassurant, il explique ne pas vouloir "une grande régie qui intégrerait tout". Mais il déclare: "Nous avons intérêt à partager les outils et à développer des offres nationales cohérentes." Rossel et DPG disent-ils tout à fait la même chose? Les rapprochements envisagés ne concernent-ils que l'audiovisuel? Ou fait-on référence ici à l'ensemble des structures de DPG et de Rossel? Le commentaire de l'ex-PDG de DPG apporte une partie de réponse: "La convergence entre texte, audio et vidéo en ligne, est devenu un moteur aussi bien pour le consommateur que pour l'annonceur. Nous optons donc désormais pour un nouveau modèle cross-média au nord comme au sud." Reste à savoir si le cross-médias ne sera que publicitaire ou si, comme le dit le président du comité exécutif de DPG, l'expertise du groupe flamand s'étendra bien au-delà.

Terra incognita

Un des éléments étonnants de cette interview concerne la manière dont les deux hauts responsables de groupes appréhendent le rapport du public aux médias, et en particulier dans l'audiovisuel. Le président du comité exécutif de DPG fait ainsi des révélations étonnantes: "C'est assez paradoxal, dit-il, mais si je connais beaucoup de gens dans le sud du pays, je sais finalement peu ce qu'ils pensent, lisent, regardent…" Etrange aveu pour quelqu'un qui vient de se lancer et d'investir largement dans une aventure de grande taille, avec des enjeux immenses. L'ex-CEO de DPG reconnaît ne pas connaître le public francophone, et en est à se demander pourquoi, en Wallonie, un contenu "étranger" "performe" mieux quand il est doublé plutôt que sous-titré, alors que ce n'est pas le cas en Flandre. Un type de question que l'on débat depuis des années dans les cours et les études sur les médias en Belgique…

On pourrait de même quelque peu s'interroger sur la perception des médias qu'a le CEO de Rossel lorsque, à propos de la consommation de la télévision en Belgique francophone, il daclare: "Le public n’est pas naturellement attiré par la France." Pour le patron de Rossel, tout est question d'offre. Lorsque VTM est apparu en Flandre, explique-t-il, il n'y a plus eu dans cette région de débordement des chaînes hollandaises. "Si la proposition de programmes belges francophones est meilleure et répond plus aux attentes, le public suivra; en cela il n’est pas différent du flamand." Cette vision est-elle confirmée par l'histoire, et est-elle exacte? Ne perd-telle pas de vue que, en Flandre, c'est la VRT et non la télévision privée qui domine le marché de l'audiovisuel (en télé, 37% de PDM en 2020 pour la VRT [dont 31% pour Een] contre 29% pour les chaînes VTM. Et en radio 59% de PDM pour la VRT en 2020). N'omet-il pas de dire que les PDM des chaînes hollandaises ont certes existé par le passé, mais n'ont jamais été comparables à celles des chaînes françaises en Wallonie-Bruxelles (31,4% de PDM en 2020). Ne précise-t-il pas que, au niveau de langue, Néerlandais et Flamands ne se comprennent pas même lorsqu'ils s'expriment en ABN? Alors que, accent excepté, un Wallon et un Marseillais parle bien une langue identique. Ne faut-il pas se souvenir que, dès que la télévision est apparue en France, les Belges l'ont regardée? N'importe-t-il pas de mettre dans la balance l'audience radio de Radio Luxembourg puis de RTL Paris, qui ont toujours attiré les Belges? Ni prendre en compte l'histoire belge et les chiffres de vente de la presse magazine française en Belgique?Ne faut-il pas prendre en compte la taille des marchés? Avec ses 17,4 millions d'habitants en 2020, la population hollandaise est certes ± 2,5 x supérieure à celle de la Flandre. Mais la population de Belgique francophone est, elle, quinze fois plus petite à celle de la France, ce qui infère obligatoirement sur la taille du marché publicitaire (même 'nationalisé') et sur les montants disponibles pour gérer les coûts des grilles. Les "bons programmes" ne résolvent pas tout, d'autant qu'ils sont coûteux à produire. Si RTL Belgium recourt autant aux produits M6 et à ceux de RTL Paris, ce n'est pas par incompétence gestionnaire…

L'interview de L'Echo confère naturellement au rachat de RTL Belgium la même image rassurante, ambitieuse et prometteuse que les autres discours de responsables entendus ces derniers jours qu'ils viennent du groupe RTL ou des acheteurs de l'entreprise. Une fois l'opération réelllement réalisée (et des fusions opérées?), le vrai visage de cette ambitieuse opération de sauvetage apparaîtra peut-être sous un autre jour…

 Frédéric ANTOINE


(1) https://www.lecho.be/entreprises/media-marketing/on-discutait-d-alliances-bien-avant-l-arrivee-du-dossier-rtl/10317654.html

(2) Nous mettons le terme entre guillemets car, depuis février 2000, celui que l'on présente comme le "patron" de DPG en est en fait le président  du comité exécutif. A ce moment, il a en effet cédé le poste de CEO à un Néerlandais

(3) Dont on saluera le titre de l'éditorial du 29/6 (https://www.lecho.be/entreprises/media-marketing/rtl-belgium-l-union-fera-t-elle-la-force/10316638.html), qui partage avec le titre de notre article du 22/6 une commune référence à la devise nationale belge. 

(4) https://www.mediafin.be/fr/historique/ Les négociations entre le Persgroep et Roularta se termineront en mars 2018. C'est à ce moment que le cession réciproque deviendra officielle.

(5) En effet, il n'est devenu CEO de Rossel en juin 2001. Il était précédemment "PDG du groupe 9Telecom, filiale de Telecom Italia" (https://plus.lesoir.be/art/presse-premiere-interview-du-nouveau-patron-bernard-mar_t-20011023-Z0L2R4.html)

(6) La famille Van Thillo entre de l'actionnariat de la société familiale Hoste, éditrice du Laatste Nieuws, au début des années 1970 et en devient l'actionnaire majoritaire en  1978. La société est renommée Persgroep en 1990. L'ex-CEO du groupe en devient le patron en 1989, et il a alors 27 ans. (https://highlevelcom.be/fr/4035-christian-van-thillo-lelegant-magnat.html)

(7) Ce qui restait de francophone jusqu'ici dans DPG est 7sur7.be (dont il n'est curieusement pas fait mention dans l'interview) ainsi que des périodiques lifestyle/construction dont Roularta n'a pas voulu.

 


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